Tour d’Europe 2019: Jours 23 à 27 à Cracovie, Auschwitz et Prague

Gabriel Gagnon Aparté, Voyage Leave a Comment

La dernière étape du voyage s’amorce. Jusqu’au deux juin, je suis en Europe et je décolle de Rome. Avant, par contre, je fais un arrêt à Cracovie et à Prague avec Fanie et Samuel. Voici un bout de nos aventures.

Jour 1 : Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille

Samuel et moi prenons notre envol pour Cracovie alors que le ciel devient de plus en plus gris à Berlin. Nous avons réservé des sièges chez Ryanair, les billets sont peu chers et le vol n’est pas long.

On comprend rapidement pourquoi les billets sont à rabais. L’avion ressemble à un autobus scolaire avec des sièges inconfortables qui ne se baissent pas et dont la hauteur fait que la tête se pose sur le plastique et non le coussin. En plus, nous sommes bombardés de publicités tout au long du voyage que ce soit via les haut-parleurs ou par les agents de bord. Pour une heure trente, par contre, on ne chialera pas trop.

L’atterrissage se fait en pleine pluie battante. On sort de l’avion sur le tarmac et on doit marcher quelques mètres jusqu’au terminal. Agréable… À l’intérieur, on cherche le moyen de se diriger vers la ville. Rien n’est clair! On a dû passer trente minutes à juste essayer de trouver un moyen de transport qui ne passait pas dans une heure! Parce que oui, le train qui assure la liaison Cracovie-aéroport passe aux heures. Génial. On trouve, finalement, un bus qui nous emmène à quelques minutes de marche du Airbnb. Ç’a pas été facile!

C’est Fanie qui a réservé l’appartement et on ne peut en prendre possession qu’à 14 h 00. Il est 11 h 30. On va donc attendre dans un café pour une heure, le temps au moins que notre troisième mousquetaire, qui était à Munich, arrive. Justement, elle arrive sous une pluie affreuse en courant! Nos aventures peuvent commencer. On discute un peu, on rigole déjà et on planifie notre après-midi. Fait intéressant, à défaut d’être pertinent, il y a un chien dans le café qui semble appartenir au propriétaire. Très calme et gentil, il se laisse caresser par les clients et dort sur les petits bancs ronds, en s’élançant sur deux en même temps.

On peut finalement aller à l’appartement loué sur Airbnb. En rentrant, on se rend vite compte qu’on n’est pas dans le grand luxe du Château Frontenac. Je vous parle de l’absurdité de notre soirée dans ce logement plus bas. Mais bon! On dépose nos bagages et on va manger. Fanie a mentionné au café qu’elle avait envie de manger du général tao. Qui dirait non à du poulet général tao?! Samuel. Sam n’est pas convaincu de l’idée. « Dans la catégorie des affaires que j’pas certain, le chinois polonais rentre dedans! » Oh, oh! Après un peu de lobbying, Samuel, embarque dans le bateau et vient avec nous manger du chinois. S’il y a bien une bouffe qui n’a pas de frontières, c’est bien celle-là!

On a gagné. Et c’était parfait! Sam et moi avons pris chacun une assiette de poulet « aigre-doux », comme ils disent sur le menu, avec du riz. Laissez-moi vous dire que pour le prix (4-5 $ canadiens), c’est rentable. Nous avons une shitload de poulet et de riz. Tellement, qu’on le rapporte et que ça a fait notre souper. Pour trois.

Après la bouffe, tour rapide à l’appart pour déposer la bouffe dans le frigo (nous étions à deux coins de rue), et saut dans un Uber pour nous rendre au musée de Schindler, oui le même monsieur que La liste. D’ailleurs, qu’est-ce que cette façon de conduire?! Nulle part dans la ville il n’y a d’arrêts ou de lumières aux intersections! Les gens tentent de passer comme ils veulent/peuvent un peu partout. Les motos et scooters zigzaguent entre les voitures et sortent de nulle part aux coins de rue et tout le monde se klaxonne. Y’a de quoi virer fou!

Mais bon… Du côté du musée de Schindler, ce n’est pas ce à quoi on s’attendait. Samuel et moi avions beaucoup lu et appris sur l’Allemagne nazie, sur les persécutions des juifs et sur les ghettos. Le musée c’est exactement ça, mais dans l’ancienne usine d’Oscar Schindler, un entrepreneur qui a réussi à sauver des milliers de juifs de l’extermination. C’était intéressant et on a beaucoup appris sur la vie en Pologne pendant la guerre, mais pas vraiment sur le propriétaire de l’usine ni sur sa vie. Écoutez le film La liste de Schindler pour pleurer en apprendre plus sur lui.

Après le musée, nous faisons un arrêt à l’épicerie pour s’acheter à déjeuner demain et à grignoter ce soir. Et à boire. Bien important. On passe en effet beaucoup trop de temps dans l’allée de la boésson, comme dirait mon frère, à chercher quelle bière serait bonne et quel vin serait convenable, combien on avait besoin de bouteilles et quel serait le montant de la facture. On arrive finalement à un consensus, après avoir permis à Sam d’acheter sa bière Volta (ou quelque chose du genre) pas chère et qui ne nous semble pas super… Fanie et moi on fait le plein de Desperados et de vin blanc. Par contre, le vin ne semble pas très agréable en bouche, alors on achète une bouteille de limonade pétillante. On va se patenter quelque chose. On a donc de la bière, du vin, des bâtonnets de biscuits au chocolat, des espèces de rondelles d’oignon à l’ail, du Nutella, du pain et de la viande froide et des salades pour notre dîner demain à Auschwitz. On peut partir. Il reste une dernière étape, par contre, celle de payer. Difficile pour trois Québécois qui ne parlent qu’anglais et français de se faire comprendre en Pologne. Difficile aussi de se faire prendre au sérieux avec le nombre de bouteilles qu’on apporte à la caisse. En même temps, ce n’est quand même pas notre problème s’ils ne vendent pas de caisses de 12 dans ce coin du monde!

On arrive donc au Airbnb et je décide de faire un peu de lavage. Bobettes, chandails et bas s’en vont dans la laveuse de l’appartement, Fanie et Samuel ajoutent des morceaux et on démarre la brassée. En plein milieu du cyle, je me rends compte qu’il n’y a pas de sécheuse… Beaux champions! Bon… On s’imagine que de mettre la laveuse à spin, ça peut essorer un peu et que le linge sera moins mouillé? On part ça! Deux fois plutôt qu’une! Le linge est pas sec, mais n’est pas totalement trempe non plus, c’est une victoire pour les voyageurs! On étend et accroche nos morceaux un peu partout dans la chambre pour les faire sécher complètement. Un moment donné, on fait avec ce qu’on a!

Pendant que je gère la laveuse, Fanie tente de gérer le souper. On se souvient qu’on a du poulet général tao pour nourrir une famille complète et qu’on a qu’à le faire réchauffer. Problème, le micro-ondes ne fonctionne pas. Après analyse, notre Banzaï internationale se rend compte qu’il n’est pas branché. Elle débranche ce qu’il y a dans la prise en ce moment et branche le four. Surprise, le frigo arrête de fonctionner. Si on suit la game, il faut donc débrancher le réfrigérateur pour faire fonctionner le four à micro-ondes. Ça va bien!

Le souper est finalement réchauffé, le linge est étendu dans la chambre et les bières s’ouvrent. On passe un bon moment à discuter et à écouter de la musique. Samuel essaye aussi de trouver le moyen de jouer au jeu de société Catane sur son iPad. Il trouve une version qui semble prometteuse et l’installe. C’est en effet le vrai jeu bien plaisant pour passer le temps. La Galerapagos se vide rapidement et on est rendu au moment de la bière louche de Sam. Il l’ouvre, fait une face bizarre et nous regarde le plus sérieusement du monde en disant que c’est bon. On ne le croit pas. Il nous sert un verre. On prend une gorgée. C’est dégueulasse! Ça goûte le citron trop suret mélangé à une mauvaise bière. Ce n’est vraiment, mais vraiment pas bon! Aucune chance que je finisse cette bouteille-là. Surtout qu’il en reste une autre dans le frigo (qu’on a rebranché, faut pas oublier)… Gandalf nous force quand même à la finir, il ne veut pas qu’on ouvre la bouteille de vin avant que se bière de bouette soit terminée… Pendant qu’on boit la bière, on mange aussi des rondelles. Ça aussi, ça ne goûte pas super bon. Ça goûte un peu l’oignon, mélangé avec de la sauce césar le tout sous forme de rondelles qui ont la texture de crottes de fromage. En plus, après une heure, le sac a déjà pris l’humidité et les rondelles sont un peu molles. Miam, miam…

La bière est finalement terminée, on peut ouvrir le vin. Tout seul, il n’est pas bon. Par contre, avec la petite limonade pétillante, opelaille, on tient quelque chose! La bouteille ne prend pas une heure à se terminer, pendant qu’on joue à Catane. Pendant qu’on joue, maintenant que le souper est terminé, on ouvre le sac de bâtonnets au chocolat. On pensait que c’était de petites piroulines, mais non. Ce sont d’énormes bâtons de « biscuits » enrobés de chocolat au lait. Pourquoi les guillemets? Parce que le mot biscuit ne mérite pas d’être utilisé. Ce sont en fait des bâtons d’air…

Après ces multiples absurdités, on va se coucher. On a une grosse journée demain à Auschwitz-Birkenau. Par contre, les péripéties ne se terminent pas là.

Jour 2 : L’intensité d’Auschwitz

On se réveille le matin avec encore de l’absurdité. Pendant la nuit, tout le monde a entendu des espèces de râlements sourds. Au réveil, on s’est posé la question, mais on a conclu que c’était peut-être notre colocataire qui faisait des bruits étranges dans sa chambre pendant son sommeil. C’est resté comme ça. On déjeune, on marche jusqu’au centre-ville de Cracovie et on tente de trouver le transport vers le musée du camp d’extermination d’Auschwitz, qui nous avait donné rendez-vous face à l’hôtel Royal. On arrive au dit hôtel et on ne voit pas notre bus. Ç’a pris environ 10 minutes avant qu’on se rende compte qu’il y a deux façades à cet hôtel et que notre chauffeur était, évidemment, stationné en face de l’autre porte…

On réussit enfin à s’asseoir dans l’Econoline, il y a cinq autres personnes à bord, et on part pour le camp qui est à environ 1 h 30 de Cracovie. En arrivant, on ne se sent pas du tout dans un camp de la mort. On nous débarque dans un stationnement plein d’autobus, c’est noir de monde et on passe la sécurité comme si on embarquait dans un avion. Après les scans, on rejoint rapidement notre guide.

D’ailleurs, notre elle était merveilleuse. Sympathique, calme et très claire dans ses explications, elle nous a permis de très bien comprendre toute l’horreur des lieux pendant la Seconde Guerre.

On commence donc en entrant par la fameuse porte du « Travail rend libre », mais notre guide nous rappelle tout de suite que personne ne sortait libre de ces camps nazis. Ensuite, on visite une baraque où est relatée l’histoire de la guerre.

Il y a trois endroits dans le camp qui m’ont particulièrement frappé et qui ont fait couler les larmes sur mes joues. Le premier, c’est la salle où sont exposés les objets qui appartenaient aux prisonniers. On passe à travers une salle où on retrouve des lunettes, des vêtements, des valises identifiées (parce qu’on disait aux gens d’apporter leurs objets de valeur) et c’est là où j’ai craqué, des souliers de bébés et d’enfants. C’est à ce moment que je me rends compte réellement que ce ne sont pas que des objets en vrac, mais qu’ils ont tous une histoire, une vie derrière, surtout une vie arrachée violemment. Et des bébés… Qu’est-ce qu’il a de plus pur qu’un bébé?!

Les nazis demandaient qu’on apporte des objets de valeur parce qu’ils les revendaient en territoire contrôlé. Ainsi, les bijoux des juifs emprisonnés étaient vendus dans des bazars à Berlin et ça servait à financer les atrocités du IIIe Reich…

Ensuite, je n’ai pas pu me retenir en arrivant au mur des exécutions par balle, qui se trouve à côté de « l’hôpital » des prisonniers. Ces derniers l’appelaient d’ailleurs la salle d’attente du crématorium… La guide nous explique que ceux qui n’étaient plus aptes au travail, et qu’on ne pouvait pas envoyer dans la chambre à gaz parce qu’il n’y avait pas assez de monde à gazer, étaient déshabillés, sortis à l’extérieur, apposés sur le mur et tirés à bout portant. Elle nous montre aussi une photo de trois prisonniers, face au mur donc dos aux gardes, nus et en attente de mourir. Pourquoi il y a des photos de ce genre d’atrocités? Parce que les SS documentaient tout. Il y a des photos de toutes leurs procédures d’exécutions, des milieux de « vie » des prisonniers, des transports, etc. Devant le mur, il est d’ailleurs  maintenant interdit de parler, par respect. L’ambiance est lourde et il a été impossible pour presque tout le monde de retenir ses larmes.

Finalement, je crois que c’est assez, on arrive dans un crématorium encore debout. On passe dans une chambre à gaz (il n’y a plus les douches) puis on traverse vers les fours crématoires. C’est à ce moment que les mots « camp d’extermination » prennent tout leur sens. On comprend l’usine de la mort mise en place par les allemands, comment ils tuaient à la chaîne, de sang-froid, fièrement, surtout… La première partie de la visite se termine là-dessus. On va dîner, complètement vidés émotionnellement.

Après les vingt minutes de dîner, on se dirige vers Birkenau, la phase deux du camp d’emprisonnement et d’extermination. C’est un immense terrain rempli de baraques toutes identiques. C’est aussi le lieu où on retrouve la, malheureusement, célèbre porte d’où les trains entraient dans le camp. C’est aussi un camp qui nous permet de voir les lieux où les gens débarquaient et où ils étaient triés. Oui, triés. Un docteur passait en revue chaque personne qui arrivait au camp et décidait en quelques secondes si elle était apte à travailler ou non. Si oui, on allait à droite. Sinon, on allait à gauche. À gauche, tout le monde se dirigeait vers les chambres à gaz pour mourir dans l’heure. À droite, tout le monde allait travailler dans une usine nazie pour mourir après maximum trois à six mois, la période moyenne de survie dans un camp.

Birkenau, c’est aussi le lieu où on a construit un mémorial traduit dans toutes les langues des prisonniers (il y a une plaque en français) pour rappeler l’importance de se souvenir des événements qui ont eu lieu ici. On termine la visite avec notre guide qui nous dit : « Cette visite n’a pas pour objectif d’être appréciée. On ne peut pas aimer ce qu’on voit ici. C’est un musée essentiel et que tous, sans exception, devraient voir pour se rappeler des horreurs qui sont possibles. » Et elle a raison.

Le retour vers Cracovie se fait dans le silence. Nous sommes fatigués et shakés. La journée se termine au centre-ville pour aller manger des pierogis, des dumplings traditionnels polonais, puis des beignets, toujours traditionnels, avant de repasser à l’épicerie puis à l’appartement.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’on n’ira pas se coucher tard, ce soir. On salue aussi l’autodérision de Fanie qui m’a donné l’approbation de publier la photo ci-haut! 😉

Jour 3 : Dernier jour, on doit au moins visiter

Même si notre arrêt à Cracovie n’était qu’un prétexte pour aller à Auschwitz, on veut au moins, pour notre dernier jour en Pologne, visiter un peu. On se dirige donc, le matin, vers le centre historique de la ville pour se trouver un free walking tour. On en avait trouvé un à 10 h 30, en anglais, sur Internet. Malheureusement, nous devons nous y rendre avec chacun notre gros sac à dos et notre sac de jour, puisqu’on devait quitter le Airbnb pour 11 h 00.

Par hasard, on trouve une visite en français donnée par une fabuleuse guide. Nous sommes les trois, plus deux suisses. Un beau tour semi-privé qui nous permet de voir les racoins historiques de la ville. Cracovie n’a pas été rasée comme Varsovie (détruite à 95 %) pendant la guerre, il reste donc des bâtiments patrimoniaux et de l’histoire.

Nous sommes toutefois pressés par le temps puisque nous devons prendre un bus RegioJet qui nous emmène vers une gare de la République tchèque, d’où nous allons prendre un train vers Prague.

La guide fait son possible pour que nous quittions à temps pour le bus sans couper dans les détails. Vraiment une sympathique visite, même si Cracovie ne peut être comparée, niveau culture et richesse historique, aux métropoles européennes comme Berlin ou Paris.

On arrête, après la visite, dans un McDonald’s pour manger le plus possible à faible coût. Notre train arrivera à Prague à 22 h 00, on ne peut pas se permettre de simplement grignoter, il est quand même juste 14 h 00. Après le McDouble et le junior au poulet polonais, puis le sundae, on se commande un Uber qui nous emmene vers la gare routière. D’ailleurs, on a vraiment usé de paresse là-dessus parce que la course a duré en tout environ 5 minutes. On aurait clairement pu marcher!

La gare routière de Cracovie, c’est probablement le bâtiment avec les indications les moins précises de l’histoire. On ne sait pas où on est ni où on va. On ne sait pas si notre bus va arriver au premier ou deuxième étage ni à quel quai. En demandant de l’information à une employée, elle nous dit d’être attentifs aux messages dans l’interphone puisque les détails seront diffusés au micro. Divulgâcheur : les messages sont en polonais! Bin pratique pour trois francophones qui ne parlent pas un simple mot de polonais!

Éventuellement, un gros bus jaune très identifié RegioJet arrive. On s’approche et le chauffeur nous confirme qu’il va vers notre gare de train, en Tchéquie. On monte à bord et je crois que je parle pour nous trois en disant que c’était le meilleur trajet d’autobus que nous avons vécus. C’était calme, on a eu du café gratuit, il y avait un système de divertissement à bord, du wifi efficace et les bancs étaient très confortables! On pensait connaître le luxe à ce moment, jusqu’à ce qu’on entre dans le train qui nous débarquera à Prague.

Pour réserver nos billets de transport, notre première destination était toujours l’application Omio qui affiche et compare les meilleures offres en train, en bus et en avion. Le train, avec deux heures trente de bus avant, était le plus avantageux. Au moment de réserver, l’application nous propose, pour 14 $ de plus, le voyage en Business class, avec du vin inclus. Comme nous ne sommes pas des idiots, et que nous ne sommes clairement pas du genre à cracher sur du vin offert, nous prenons les billets en business.

Nous arrivons donc les trois voyageurs sacs à dos à bord d’un beau train, dans une cabine à maximum quatre passagers, avec une petite bouteille de vin, une collation et un café d’offerts. Le grand luxe, pour 34 $ canadiens!

À 22 h 00, nous sommes à Prague, complètement revigorés et prêts pour l’aventure. On dépose nos bagages au Art Hole Hostel puis on part marcher. Prague, de soir, c’est vraiment magnifique!

Avant de partir marcher, Samuel et moi tentons de retirer de l’argent dans un guichet automatique. On s’était fait dire qu’en Tchéquie, on ne peut pas se fier sur notre carte de crédit pour payer, surtout dans les restaurants, il vaut mieux donc retirer des couronnes tchèques. Je vous en ai déjà glissé un mot, mais avec Tangerine, on peut retirer presque partout dans le monde dans un guichet de l’Alliance GAB mondiale. Bémol, il n’y a pas de banques partenaires dans le pays… On doit donc retirer dans une banque locale et payer des frais. Second bémol, ma carte ne veut rien savoir des guichets tchèques. Je l’insère, je fais mon NIP, qui est validé, je choisis le montant à retirer et au moment de l’approbation, un message me disant que la transaction a été refusée par mon institution financière s’affiche. Super! Une chance que Samuel est capable de retirer de l’argent de son compte et que les virements Interac existent! Vérifiez ce genre de choses quand vous arrivez dans un nouveau pays.

On part finalement explorer. Fanie, qui n’est pas à se première visite dans la capitale tchèque, nous montre quelques coins particulièrement beaux. Elle nous emmène au pont Charles, piétonnier, qui relie les deux rives de la ville et qui nous emmène au château de Prague en haut de la colline. La marche pour y accéder est quand même longue, alors on se la réserve pour le lendemain. En attendant, notre « guide » nous emmène vers le mur de John Lennon où on peut librement peindre et écrire. En plus, de la gouache et des pinceaux sont mis à notre disposition pour laisser libre cours à notre imagination. Sans hésiter, nous laissons notre marque sur le mur!

Après cette escapade créative, nous retournons à l’auberge pour relaxer un peu et aller nous coucher. Nous sommes dans un dortoir de 16 personnes et c’est presque gênant de rentrer tard, j’ai l’impression de réveiller l’auberge au complet. On fait donc le moins de bruit possible et on va se brosser les dents. La douche attendra à demain matin, on ferait trop de va-et-vient.

Le lendemain, on se lève autour de 8 h 30 et on profite du déjeuner inclus de l’auberge. Toasts, beurre d’arachides, Nutella, confitures, céréales, fromage, café, etc. Tout y est! Très pratique pour commencer la journée sans se poser la question du premier repas!

Après nos cafés, on se dirige vers le cœur de la ville où il y a une grande place publique et la fameuse Clock Tower avec l’horloge astronomique de Prague. Après avoir vu celle de Strasbourg, celle-ci n’est pas très impressionnante. On ne la voit même pas bouger…

La ville en soit est magnifique. Je vous le dis tout de suite, Prague est clairement dans mon top 5 des lieux visités dans mon voyage. Ç’a un look un peu médiéval, les petites rues sinueuses sont superbes, les gens sont sympathiques, il y a des musées originaux et de l’histoire intéressante, on mange bien et ça ne coûte pas les yeux de la tête. Vraiment agréable!

On se balade vers l’Opéra de Prague et le Musée National de la République tchèque, deux fabuleux bâtiments. Fanie nous emmène ensuite vers la Dancing House, un édifice sans côtés droits qui semble sur le point de se renverser. C’est aussi ça, Prague, un beau contraste entre le vieux et le très moderne.

Nous traversons ensuite un pont, qui n’est pas le pont Charles, pour nous diriger vers l’autre rive. Avec le généreux soleil et la chaleur, il y a une petite foule de pédalos et de bateaux de plaisance sur la rivière. J’envie un peu les gens qui relaxent sur l’eau, en ce moment!

Après cette marche, notre appétit est ouvert. Nous arrêtons dans un petit restaurant local équipé d’une superbe terrasse. On se commande une bière et une frite, juste pour boucher un coin, mais Samuel se prend une assiette de porc servi avec un accompagnement d’espèce de dumplings (ils appellent ça ainsi, mais ce ne sont pas des dumplings asiatiques) de pain, de patates et d’assaisonnement. À l’arrivée du plat, on n’est pas certain de ce qui s’en vient, mais en goûtant, on est un peu jeté par terre. C’est vraiment très, très bon! On passe un moment génial à manger, boire notre bière et discuter ensemble.

Il est maintenant l’heure de reprendre notre marche et cette fois, c’est l’ascension de la montagne qui nous attend, afin d’aller au château de Prague et l’église qui est adjacente. Je n’ai pas besoin d’utiliser une tonne de superlatifs pour vous dire que la vue d’en haut est assez belle!

La visite du secteur se conclue et nous redescendons vers le centre de la ville. En chemin, nous apercevons un parc qui semble invitant. Vous connaissez notre passion pour les parcs et les moments de relaxation qu’ils offrent! Je profite de cette pause pour retourner l’appel de mes parents et jaser un peu avec eux. Pour mettre de la crème solaire aussi, un élément très important.

De retour à la place publique, une foule s’est entassée devant un écran géant. On ne comprend pas trop pourquoi, jusqu’à ce qu’on entend un commentateur crier GOAL! Un match de l’équipe tchèque à la Coupe du monde de hockey est diffusé dans la rue! On s’imprègne un peu de l’ambiance avant de repartir vers l’auberge pour brancher nos téléphones et choisir le lieu du souper. Ce sera des pâtes, ce soir.

On veut manger un bon repas afin d’avoir un solide fond pour la soirée qui nous attend. Nous avons acheté des billets pour le Clock Tower pub crawl, une populaire tournée des bars à Prague avec bar open pendant 2 h 30 au premier arrêt.

Nous avons tellement eu de plaisir pendant cette soirée, c’était vraiment un moment magique. Nous avons rencontré deux Anglais, Conor et Josh, qui jouaient contre nous au beer pong. En une partie nous sommes devenus les meilleurs amis du monde et avons passé le reste de la soirée les cinq ensemble.

Au deuxième bar de la soirée, nous avions droit à un shooter, une habitude dans les pubs crawls. On s’entend, le shooter aurait pu en être un juste de jus de canneberge et ça aurait fait pareil. On prend un verre, on danse et on a bien du plaisir. Je ne me souviens plus exactement du temps où nous sommes restés dans le deuxième bar, mais je sais qu’on aurait dû rester là et ne pas aller au troisième. Le troisième arrêt s’est fait dans un bar assez ennuyant où tout était vraaaaaiment trop cher. Pas moyen de s’acheter un rhum&coke ni une bière sans prendre une hypothèque… En plus, la musique était tout sauf le fun. Sam a offert de quitter et de se diriger vers un bar underground que connait son cousin. Fanie et moi acceptons l’offre et demandons à nos nouveaux amis s’ils veulent nous suivre. Ils avaient la même opinion que notre trio sur l’endroit et ont accepté immédiatement.

On se met donc à marcher vers ledit bar. Samuel est responsable du GPS et ne semble pas trop gérer, Fanie prend alors les reines de la marche. Ce fut un des moments les plus drôles de notre passage à Prague. Pour ceux qui ne nous connaissent pas personnellement, il y a une petite guerre entre Fanie et moi à savoir lequel de nous deux parle le plus fort. Conor a réglé le débat en disant :

Oh, she’s fucking loud! But you’re like the loudest person on Earth!

Je pense que le débat est scellé contre moi, pour toujours… Je dois accepter mon titre de personne la plus bruyante de la planète.

En arrivant au bar clandestin, Sam nous apprend qu’il est fermé au public, il y a une soirée privée en ce moment. Non. Après 40 minutes de marche, on se fait virer de bord?! Bon… On va aller au McDo… Si seulement ils étaient ouverts toute la nuit! Eh bien, non! Ils ferment à minuit et il n’y a aucun restaurant d’ouvert aux alentours! Voyons?! Les Européens vont où après avoir festoyé?! Bon… on revient sur nos pas et on arrive à la conclusion qu’il serait plus sage de retourner à l’auberge. Fanie se lève très tôt demain, de toute façon, pour prendre son avion…

Jour 4 : Musée Apple, souper et prédépart

Après la soirée d’hier, et le retour à voyager à deux, Gandalf et moi prenons ça plutôt relax pour son dernier jour en Europe. On déjeune tranquillement, on prend un café, puis un second, et on se dirige en marchant au centre-ville vers le Musée Apple, un musée non officiel qui relate l’histoire de l’entreprise en présentant de vieux modèles d’ordinateurs, les premiers Macintosh, iPod, iPhone, etc. Un bien beau musée très intéressant sur le développement de l’informatique personnel.

Après notre visite, on retourne vers l’auberge et on relaxe encore un peu avant d’aller manger le dernier souper en Europe de Sam. On regarde sur Internet pour des suggestions et on tombe sur un resto qui semble bon et pas trop cher à 20 minutes de marche. C’est là qu’on va!

On arrive au resto et on lit Cash Only. Ah bin bâtisse! Sam part demain et moi, dans deux jours. On n’en a plus, d’argent tchèque sur nous! On revient sur nos pas et on s’installe sur une terrasse avec un menu qui semble très bien pour les prix. On prend la chance qu’ils acceptent les cartes de paiement…

On mange du porc dans une espèce de crème de carotte assortie de dumplings de pain tchèques. Avec une bonne grosse bière locale, c’est délicieux!

Au moment de payer, le monsieur nous dit qu’il n’accepte que l’argent comptant. BÂTISSE!!! Je vais devoir aller me faire violer mon compte de banque en retirant dans un ATM louche qui demande 300 % de frais par transaction (j’exagère, mais à peine)… Ma carte doit en plus être clonée maintenant…

Jour 5 : Départ de Sam et visite d’un château

Sam quitte ce matin, il retourne à Montréal. Je me retrouve donc à nouveau seul pour la fin de mon voyage. Comme nous avons très bien visité Prague les trois ensemble, je m’achète un billet de train qui m’emmènera vers Karlstejn, un petit village surplombé de mignon château à visiter.

Le départ est à 10 h 30 et la gare n’est qu’à 10 minutes de marche, j’ai du temps. En arrivant, je ne réussis pas trop à comprendre où je dois aller pour prendre mon train, il y a tellement de trains, de rails et de quais, on se croirait dans la maison des fous d’Astérix!

Après analyse, j’arrive à comprendre que je dois me diriger vers le quai 1, mais pas au bout du quai. J’arrive finalement à prendre mon train et on part pour 40 minutes. Le trajet est agréable et les paysages sont superbes.

Seul bémol : il pleut à boire debout à mon départ. J’espère qu’il ne va pas pleuvoir comme ça toute la journée… En arrivant dans le village, je dois marcher jusqu’au château qui est au-dessus d’une montagne. Une chance que la pluie a cessé, ça m’aide beaucoup.

En arrivant en haut, j’aperçois la billetterie et la gentille dame m’informe qu’il y a une visite dans 5 minutes en anglais. Merveilleux!

Le château est d’un look très médiéval. Les murs sont très épais, l’ambiance à l’intérieur est austère, les corridors pas très larges, etc. On n’est pas dans la luxure de Versailles! Malgré tout, la visite est super intéressante et permet d’en apprendre sur les règnes des monarchies hors des empires britanniques et français qui faisaient la pluie et le beau temps en Europe, jadis.

Après ma visite, je vais diner dans un petit restaurant local qui me coûte l’équivalent de 6 $ pour une entrée, un breuvage et un repas. Merveilleux, encore une fois!

Je marche dans le village un peu, puis je reprends le train vers Prague. Je profite de mon dernier passage dans la ville pour marcher dans son centre-ville et vivre mes derniers moments comme il faut. Je soupe, puis je retourne à l’auberge pour faire mes valises et m’asseoir un peu avec une bière et mon ordinateur. Je pars demain matin pour Rome, je ne veux pas être brûlé!

C’est donc ce qui complète mes aventures absurdes à Cracovie, difficiles à Auschwitz et agréables à Prague. Je vous raconte mes dernières journées à Rome et je vous fais le bilan de mon expérience dans mon prochain article! Restez à l’affût, il arrivera plus rapidement que celui-ci, promis.

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